Aller au contenu principal Obligatoire en France (Loi Waserman) pour les organisations de plus de 50 salariés

Loi Waserman : la protection des lanceurs d’alerte en France #

La France a transposé la directive européenne 2019/1937 par la loi n° 2022-401 du 21 mars 2022, dite loi Waserman. Pour la plupart des employeurs, le repère central reste le seuil de 50 salariés, complété par le décret d’octobre 2022 sur les procédures internes et externes.

Que protège la loi Waserman, et qui protège-t-elle ? #

La loi Waserman protège les lanceurs d’alerte : les personnes physiques qui signalent ou divulguent, de bonne foi et sans contrepartie financière directe, des informations portant sur un crime, un délit, une menace ou un préjudice pour l’intérêt général, ou une violation du droit français ou européen. Elle a sensiblement élargi le cadre issu de la loi Sapin II :

Texte applicable #

Qui doit mettre en place un canal interne #

L’obligation s’applique depuis le 1er septembre 2022 (décret 2022-1284 du 3 octobre 2022). Ce seuil de 50 salariés pour le canal d’alerte est distinct de l’obligation Sapin II de programme anticorruption (500 salariés / 100 M€ de chiffre d’affaires, art. 17), que l’AFA contrôle avec des sanctions bien plus lourdes.

Sanctions et application en pratique #

Le cadre français est atypique : il n’existe aucune amende directe pour le simple fait de ne pas avoir mis en place un canal. La version actuelle de la loi Sapin II / loi Waserman ne sanctionne pas une entreprise qui n’en instaure pas, et le décret d’application ne prévoit aucune sanction. Les peines visent des comportements précis :

ComportementPersonnes physiquesPersonnes morales
Faire obstacle, de quelque façon que ce soit, à la transmission d’un signalement1 an d’emprisonnement + 15 000 €75 000 €
Discrimination / représailles liées à la qualité de lanceur d’alerte (art. 225-1/225-2 du Code pénal)3 ans d’emprisonnement + 45 000 €225 000 €
Procédure abusive ou dilatoire (“procédure-bâillon”) contre un lanceur d’alerteamende civile jusqu’à 60 000 € (sans préjudice des dommages-intérêts)

Textuel, article 13, I de la loi 2016-1691 : « Toute personne qui fait obstacle, de quelque façon que ce soit, à la transmission d’un signalement … est punie d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende. » Le même article 13 (II) porte à 60 000 euros l’amende civile en cas d’action abusive ou dilatoire contre un lanceur d’alerte. Aucun article du dispositif Sapin II / Waserman ne sanctionne l’employeur pour absence de canal — vérifié sur le texte consolidé Légifrance et le décret 2022-1284.

Une évaluation honnête de l’application. L’absence de canal n’est pas directement sanctionnée — mais elle n’est pas sans risque. Un dispositif manquant ou défaillant crée une exposition indirecte : il renforce une action pour représailles ou licenciement abusif devant le conseil de prud’hommes et alimente le contrôle de l’AFA pour les grandes entreprises. L’application de la protection est essentiellement réactive et judiciaire : tout licenciement de représailles est nul de plein droit et le juge des référés peut ordonner la réintégration (Cass. soc., 1er févr. 2023, Thales, n°21-24.271, la charge de la preuve pesant sur l’employeur). Le Défenseur des droits veille à la protection. En pratique, le vrai coût d’un canal absent se traduit par du contentieux et des réintégrations, non par une amende administrative fixe.

Autorité externe #

La France ne repose pas sur une seule autorité externe universelle. Le Défenseur des droits oriente et protège les lanceurs d’alerte, tandis que les autorités sectorielles compétentes peuvent recevoir les signalements relevant de leur champ.

Autorité de protection des données #

Pour les questions relatives à la confidentialité ou au traitement des données personnelles, l’autorité compétente est la CNIL .

Points de conformité à retenir #

Sources officielles #


Activez votre canal de signalement →

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