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Obligatoire en France (Loi Waserman) pour les organisations de plus de 50 salariés

Le Défenseur des droits et les lanceurs d’alerte #

Le Défenseur des droits est l’autorité constitutionnelle indépendante qui oriente les lanceurs d’alerte, atteste de leur qualité et les défend contre les représailles, dans le cadre issu de la loi Waserman.

Il n’est pas le canal externe de signalement de la France. Sur ce point, la France fait exception parmi les grands États membres : elle n’a désigné aucune autorité unique. C’est cette distinction qui fait l’intérêt pratique de cette page — pour l’obligation de canal interne, les seuils et les sanctions, voir la loi Waserman et la protection des lanceurs d’alerte en France .

Pourquoi la France n’a pas d’autorité unique #

L’Espagne a créé un organisme unique, l’AIPI, chargé d’un canal externe national. L’Italie a confié cette mission à l’ANAC. La France n’a fait ni l’un ni l’autre.

Le décret n° 2022-1284 du 3 octobre 2022 publie à la place une liste d’autorités externes compétentes, chacune recevant les signalements relevant de son secteur — environ vingt-trois rubriques couvrant les services financiers, la concurrence, l’environnement, la santé et d’autres domaines. Le Défenseur des droits se tient à côté de cette liste, avec un rôle différent : il oriente le lanceur d’alerte vers l’autorité compétente, atteste de sa qualité et le protège. Il n’est pas un canal externe généraliste couvrant tous les sujets.

La conséquence pour un employeur est concrète. Il n’existe pas d’autorité unique à nommer dans une procédure interne. Celle-ci doit renvoyer l’auteur d’un signalement vers la liste du décret, et vers le Défenseur des droits pour quiconque ignore de quelle autorité il relève.

Ce qu’est le Défenseur des droits #

Nature juridiqueAutorité constitutionnelle indépendante (art. 71-1 de la Constitution), créée en 2011
Texte organiqueLoi organique n° 2011-333 du 29 mars 2011, modifiée
Mission « alerte » issue deLoi organique n° 2022-400 du 21 mars 2022, adoptée en même temps que la loi Waserman
Titulaire actuelFrançois-Noël Buffet, depuis le 23 juillet 2026 (décret du 22 juillet 2026), succédant à Claire Hédon
MandatSix ans, ni renouvelable ni révocable ; la fonction est incompatible avec toute autre
Adjoint « lanceurs d’alerte »Adjoint chargé de l’accompagnement des lanceurs d’alerte — poste créé par l’art. 2 de la loi organique ; en attente de nomination à la suite du changement de titulaire de juillet 2026

Un dispositif d’alerte qui repose sur un adjoint dont le poste n’est pas pourvu mérite d’être connu avant qu’une procédure interne ne promette à l’auteur d’un signalement qu’un accompagnement existe.

Ce que la loi organique a changé #

La loi organique n° 2022-400 modifie le texte de 2011 sur quatre points :

  1. Article 1er — la mission passe de veiller aux droits des lanceurs d’alerte à les informer, les conseiller et les défendre, ainsi que les personnes protégées dans le cadre d’une procédure d’alerte (modification de l’art. 4, 5°).
  2. Article 2 — création de l’adjoint chargé de l’accompagnement des lanceurs d’alerte (art. 11).
  3. Article 3 — insertion de l’art. 35-1 : tout lanceur d’alerte au sens de la loi n° 2016-1691 peut adresser un signalement au Défenseur des droits, qui le traite selon une procédure indépendante et autonome, le réoriente lorsqu’il n’est pas compétent, et peut rendre un avis sur la qualité de lanceur d’alerte dans un délai de six mois à compter de la demande.
  4. Article 4 — institution d’un rapport bisannuel sur le fonctionnement global de la protection des lanceurs d’alerte, présenté au Président de la République et aux présidents des deux assemblées, à partir des données transmises par l’ensemble des autorités compétentes (art. 36, II).

Les trois missions #

Information et orientation. L’institution répond aux questions sur le droit de l’alerte et oriente l’auteur d’un signalement vers l’autorité compétente au regard du sujet — fonction qui supporte l’essentiel de la charge, compte tenu de la liste d’autorités.

Avis sur la qualité de lanceur d’alerte. Toute personne peut demander au Défenseur des droits de confirmer qu’elle répond à la définition légale. L’avis est rendu dans les six mois. Il compte parce que les protections s’attachent à cette qualité : à défaut, une personne incertaine de relever du statut décide seule de s’en prévaloir ou non.

Protection contre les représailles. La protection couvre non seulement le lanceur d’alerte, mais aussi les facilitateurs — personnes physiques ou morales qui l’ont aidé — et les tiers en lien avec le signalement.

Ce qu’il ne peut pas faire #

C’est ici que la pratique française se trompe le plus souvent.

Délais du signalement externe #

Les délais du canal externe ne sont pas ceux du canal interne, ce qui est la confusion la plus fréquente.

Autorité externeProcédure interne de l’employeur
Accusé de réception7 jours ouvrés à compter de la réception7 jours ouvrés à compter de la réception
Retour d’informations3 mois à compter de l’accusé de réception — ou de l’expiration des sept jours ouvrés si aucun accusé n’a été adressé3 mois à compter de l’accusé de réception
ProlongationJusqu’à 6 mois lorsque les circonstances exigent des vérifications complémentaires, motivée avant l’expiration des trois mois

L’accusé de réception peut être omis lorsque l’auteur du signalement y a expressément renoncé, ou lorsque l’autorité a des motifs raisonnables de penser qu’il compromettrait la confidentialité de son identité.

Lorsqu’une autorité constate que le signalement ne relève pas, ou pas entièrement, de sa compétence, l’art. 10, II du décret lui impose de le transmettre sans délai à l’autorité externe compétente ou au Défenseur des droits, dans le respect de la confidentialité.

Comment le saisir #

Téléphone09 69 39 00 00, du lundi au vendredi, 8h30–19h30
En ligneformulaire.defenseurdesdroits.fr
Courrier (gratuit, sans affranchissement)Défenseur des droits, Libre réponse 71120, 75342 Paris Cedex 07

Pour un envoi postal, l’institution demande une double enveloppe, l’enveloppe intérieure portant la mention « SIGNALEMENT D’UNE ALERTE » — le circuit qui écarte le signalement du courrier ordinaire.

La divulgation d’éléments permettant d’identifier un lanceur d’alerte est punie de deux ans d’emprisonnement et 30 000 € d’amende.

Ce que révèle le rapport bisannuel 2026 #

Le deuxième rapport bisannuel, La protection des lanceurs d’alerte en France : un dispositif à l’épreuve de son appropriation, a été publié le 28 mai 2026 par Claire Hédon et son adjointe Cécile Barrois de Sarigny, pour les années 2024-2025. Trois constats intéressent directement la conduite d’une procédure interne :

Le premier constat est celui sur lequel agir. Le signalement externe progresse quand le canal interne n’est pas connu ou pas jugé fiable, et un signalement qui part directement vers une autorité sectorielle est un signalement dont l’employeur apprend l’existence par le régulateur.

Sources officielles #

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